14 août 2022

15 Août : Fête de l'Assomption de la Vierge Marie

Messe à 10h30 . Eglise Notre-Dame de Lourdes ( Marais )
 


Le 23 août 1942, le cardinal Jules Saliège, archevêque de Toulouse, faisait retentir son appel à la conscience chrétienne et humaine, contre les rafles des Juifs décidées par le gouvernement de Vichy. Il fut suivi par plusieurs évêques dont Mgr Théas, alors évêque de Montauban, et le cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, et aussi le pasteur Boegner.

Le grand rabbin de France, M. Haïm Korsia, a demandé à tous les rabbins de faire lire dans leurs synagogues la lettre du cardinal Saliège, le samedi 16 juillet dernier, anniversaire des rafles où 13000 personnes, hommes, femmes et enfants, furent arrêtés, détenus au Vélodrome d’Hiver puis transférés dans des camps de transit avant d’être envoyés dans les camps de la mort.

La voix du cardinal Saliège a atteint beaucoup de cœurs et d’esprit, et encouragé une authentique résistance aux mesures inhumaines prises par le gouvernement et exécutées par la police. De nombreux Juifs ont trouvé abri dans des monastères, des couvents, des maisons religieuses, des presbytères, chez des fidèles. A quatre-vingts ans de distance, cette voix mérite de retentir encore. Puisse‐t‐elle exprimer encore et toujours le meilleur de la conscience catholique et nous encourager tous à choisir d’être des serviteurs de l’œuvre de Dieu et à résister à tout endormissement de nos consciences.

+ Eric de Moulins-Beaufort 

Et clamor Jerusalem ascendit ‐ Lettre pastorale du cardinal Jules Saliège sur la personne humaine, 23 août 1942 :

« Mes très chers Frères, Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer. Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle. Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe‐t‐il plus ? Pourquoi sommes‐nous des vaincus ? Seigneur ayez pitié de nous. Notre‐Dame, priez pour la France. Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier. France, patrie bien aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs. Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement »

Jules‐Géraud Saliège Archevêque de Toulouse 13 août 1942
A lire dimanche prochain, sans commentaire